Malgré les avancées qui ont valu au Parc National de la Comoé son retrait de la
liste du patrimoine mondial en péril, et les efforts que consent au quotidien l’organisme en
charge de sa gestion, cette aire protégée continue de subir diverses pressions d’origine
humaine. L’on y rencontre des activités illégales telles que le braconnage, l’orpaillage et la
pêche. Cet article s’interroge sur ce qui favorisent ces pressions, en portant le regard non
sur les éléments couramment évoqués dans ce type de questionnement (facteurs
économiques, intentionnelles, politiques…), mais sur le système de protection en tant
qu’élément pouvant favoriser l’agression de cet espace. C’est une étude qualitative de type
ethnographique. L’analyse croisée de la documentation, des observations de terrain, des
entretiens individuels et de groupe avec les gestionnaires du parc et les populations de huit
villages riverains, a permis d’établir, à partir de la théorie de l’interactionnisme symbolique,
que loin d’être dissuasif pour tous, le système de surveillance du parc est interprété comme
un dispositif pouvant être défié, en raison d’une part, de ses faiblesses internes et d’autre
part, du profil des catégories considérées comme les plus grands agresseurs du parc. Cette
interprétation favorise, à l’égard du parc, des comportements téméraires de défiance qui
contribuent à son agression. Il conviendrait dès lors de songer à expérimenter de nouvelles
stratégies de protection telles que la surveillance communautaire.