L’agriculture est un élément marquant du paysage urbain ivoirien. Alors que les taux
d’urbanisation dépassent partout les 50% dans les grandes villes, elle s’est paradoxalement
intensifiée. Autrefois, une activité de crise, elle est devenue progressivement une opportunité
d’insertion sociale et professionnelle dans les villes. Cette étude vise à analyser la
contribution de l’agriculture urbaine à l’insertion socioprofessionnelle dans la ville de
Bouaké. La méthodologie est basée essentiellement sur une fouille documentaire et une
enquête de terrain autour des entretiens et des questionnaires sur la multifonctionnalité de
l’agriculture urbaine. Il ressort du traitement des données que l’agriculture pratiquée dans la
ville de Bouaké constitue un facteur d’insertion socio-professionnelle. En effet, 50% des
agriculteurs de la ville sont des ex-combattants de la crise politico-militaire de 2002 qui ont
été démobilisés. Ceux-ci ont trouvé refuge dans l’agriculture urbaine. Elle permet également
d’augmenter les revenus des ménages pauvres par la vente des produits agricoles urbains
participant ainsi à leur sécurité alimentaire en rendant accessible une importante source de
nourriture. La production vivrière à Bouaké se présente donc comme une source d’emploi
permanente ou temporaire pour la population.