| 1 | Auteur(s): Drissa TRAORE, Nadège DAO, Moussa COULIBALY, Kinakpefan Michel TRAORE. N° de Page : 7-18 |
Agriculture urbaine et risques sanitaires dans la ville de Bouaflé (Centre-Ouest de la Côte d’Ivoire)
Résumé
Antérieurement marginalisée, car considérée comme une activité déstructurante du paysage urbain, l’agriculture urbaine apparaît de nos jours, comme un gage d’emplois, une opportunité pour l’économie circulaire et le développement durable et intégré des villes ivoiriennes. Cependant, cette activité est source de pathologies non seulement pour l’agriculteur mais aussi pour les riverains des zones de production. Cette étude a pour objectif d’analyser l’impact de l’agriculture urbaine sur la santé des populations dans la ville de Bouaflé. Pour atteindre cet objectif, l’approche méthodologique s’est appuyée sur la recherche documentaire, l’observation directe, des entretiens, l’enquête par questionnaire et des tests de significativités statistiques. Il ressort de cette étude que l’agriculture urbaine est plus pratiquée dans les bas- fonds dans la ville de Bouaflé et dans les espaces non bâtis des quartiers d’extension. La population riveraine des zones de production et agriculteurs sont victimes de plusieurs maladies notamment le paludisme, la fièvre typhoïde, la dermatose, les cancers et le choléra. Ces pathologies ont un lien avec la pratique de l’agriculture urbaine.
| 2 | Auteur(s): N’Goran Alphonse BROU, Yao Alain HAMIEN. N° de Page : 20-30 |
Les cultures maraichères urbaines, une alternative de sécurité alimentaire à Bouaké de 1912 à 2020
Résumé
La sécurité alimentaire en milieu urbain africain, notamment à Bouaké, deuxième grande ville de Côte d’Ivoire et capitale des Baoulé, constitue un enjeu crucial. En raison de sa forte population et de la diversité des métiers, la demande alimentaire y est élevée. Pour y répondre, les cultures maraîchères sont développées afin d’offrir des produits frais toute l’année et en toute saison. Cette pratique s’est intensifiée avec l’urbanisation rapide et surtout la hausse des besoins alimentaires. Cette étude s’est appuyée sur une analyse des pratiques maraîchers développées dans les bas-fonds et les espaces vacants de la ville. Malgré l’absence de politiques publiques claires, ces cultures perdurent grâce à l’ingéniosité des producteurs, notamment des femmes, très impliquées dans la production et la commercialisation. Les crises sociopolitiques des années 2000 ont renforcé leur rôle stratégique comme filet de sécurité alimentaire en réduisant la dépendance aux importations régionales. Elle a montré que le maraîchage urbain contribue à la résilience économique et climatiques de Bouaké. Il constitue une alternative durable pour nourrir les villes africaines. L’étude souligne l’importance de ce secteur informel et appelle à une reconnaissance institutionnelle renforcée pour soutenir son développement.
| 3 | Auteur(s): Achille Roger TAPE, Hermance-Starlin Kouacou KAMELAN, Zady Edouard ZOGBO. N° de Page : 32-43 |
Disponibilité des légumes et dynamique de la restauration de rue dans un contexte de sécurité alimentaire dans la ville de Bouaké
Résumé
La restauration de rue est aujourd’hui un phénomène de société et occupe une place de choix dans les villes africaines. En Côte d’Ivoire, la ville de Bouaké ne fait pas exception à cette règle. L’alimentation de rue connait un essor grâce à la disponibilité et à l’accessibilité des légumes. Les activités de la restauration de rue permettent ainsi aux vendeurs et consommateurs de palier au problème de l’insécurité alimentaire. Cet article vise à analyser les effets socio-économiques induits par la disponibilité légumière dans la restauration de rue dans la ville de Bouaké. La présente étude s’appuie sur l’approche hypothéticodéductive. Elle a combiné la collecte de données secondaires et primaires. Les enquêtes de terrains réalisées auprès de 100 consommateurs et de 654 vendeurs répartis dans 10 quartiers de la ville de Bouaké. Les résultats ont montré que 74 % des vendeurs étaient sans emploi avant d’exercer l’activité de restauration de rue, ce secteur a permis à 75,25 % des vendeurs de sortir du chômage. Sur les 100 consommateurs enquêtés, 57 % mentionnent la disponibilité alimentaire comme recours à l’alimentation de rue et 43 % évoquent l’accessibilité de cette alimentation. Enfin, l’enquête de terrain a permis d’identifier un marché principal et plusieurs sous marchés de vente de légumes et feuilles.
| 4 | Auteur(s): KONAN Kouakou Attien Jean-Michel, YAPI Atsé Calvin. N° de Page : 45-55 |
Dynamique urbaine et activités agricoles dans la ville planifiée de Yamoussoukro
Résumé
La Côte d’Ivoire connait une dynamique urbaine galopante depuis son accession à l’indépendance. Plus de la moitié de la population ivoirienne vit désormais en ville (INS, 2021). Un défi de taille pour les autorités qui se doivent d’assurer un approvisionnement des marchés urbains en produits vivriers de qualité et en quantité. Yamoussoukro, la capitale politique et administrative de la Côte d’Ivoire qui n’est pas en reste de la dynamique urbaine que connait le pays fait l’objet d’une attention particulière de la part des pouvoirs publics. Ville exceptionnelle par la qualité de son urbanisme savamment pensé et travaillé. Les aménageurs ont mis l’accent sur l’organisation spatiale de Yamoussoukro à recevoir spécifiquement des fonctions éducatives, touristiques et religieuses. À aucun moment, les activités agricoles n’ont été prises en compte dans la répartition des espaces urbains dans une ville où l’esthétique et le beau guidaient la vision d’aménagement. Mais malgré toutes les restrictions mises en place pour sa marginalisation dans la dynamique urbaine d’une ville planifiée comme Yamoussoukro, l’agriculture s’y est insérée et connaît un essor. La présente étude vise à analyser les activités agricoles dans le contexte de la dynamique d’une ville planifiée comme Yamoussoukro. Pour atteindre cet objectif, la collecte de données s’est appuyée sur une observation de terrain et une analyse documentaire approfondie en rapport avec l’agriculture urbaine. Des enquêtes de terrain auprès des citadins-agriculteurs et certains acteurs des structures déconcentrés et décentralisés ont été menées. L’enquête auprès des citadins-agriculteurs a été possible grâce à la méthode boule de neige en absence d’une base de donnée sur la population mère à étudier. Les résultats obtenus montrent que Yamoussoukro connait une dynamique urbaine dans un environnement marqué par une planification et un aménagement unique dans l’histoire de l’urbanisme en Côte d’Ivoire. Dans cette armature urbaine de Yamoussoukro, l’agriculture bien que marginalisée a réussi à s’intégrer et se présente aujourd’hui comme une réponse aux besoins alimentaires des populations et une source de revenu pour les citadins-agriculteurs.
| 5 | Auteur(s): ILBOUDO Wendinda Natacha, OUEDRAOGO Rawelguy Ulysse Emmanuel , YANOGO Isidore. N° de Page : 57-71 |
Les aménagements hydro-agricoles, stimulateurs de développement au Burkina- Faso : cas des bas-fonds de la commune de Koubri
Résumé
Le Burkina Faso, pays sahélien, fait face à une forte variabilité climatique et à une pression démographique croissante qui entraine une pression sur ses ressources naturelles, notamment les terres agricoles. La mise en valeur des bas-fonds apparaît comme une solution pour améliorer la productivité agricole et assurer la souveraineté alimentaire du pays. Cependant, ces zones sont confrontées à des contraintes biophysiques et socio-économiques qui limitent leur exploitation optimale. L’étude vise à analyser l’impact de l’agriculture de bas-fonds à la sécurité alimentaire dans la commune de Koubri. La méthodologie combine une revue de la littérature à une approche empirique. L’occupation du sol est analysée à partir d’images Landsat de 1983, 1998 et 2017, traitées avec ENVI et ArcGIS. Des enquêtes et entretiens sont menés auprès d’exploitants agricoles et d’acteurs locaux. L’imagerie drone et le GPS servent à la collecte de données spatiales. Les résultats montrent une augmentation des bas-fonds aménagés et la prédominance des cultures annuelles occupant 68,35% de la superficie en 2017 contre 66,57% en 1983. Les enquêtes révèlent que 93,3% des personnes interrogées pratiquent à la fois l’agriculture et l’élevage. De plus, 42,3% des enquêtés ont étendu leurs parcelles au cours des dix dernières années, et 42% ont plus de 40 ans, témoignant de l’expérience agricole locale. L’étude souligne que la commune de Koubri dispose d’un potentiel hydraulique important avec six barrages et plus de 56 bas-fonds aménageables, jouant un rôle crucial dans l’intensification des cultures de contre-saison. La tendance évoquée affectera aussi ces bas-fonds au fur et à mesure que la densité de la population augmentera d’où l’intérêt pour les autorités étatiques et locales de penser à la sauvegarde des interfluves et à un plan d’aménagement conséquent des zones hydromorphes comme les bas-fonds.
| 6 | Auteur(s): N’GUESSAN Kacou François. N° de Page : 73-82 |
Production et commercialisation des vivriers marchands autour du chemin de fer dans la ville de Bouaké
Résumé
Le chemin de fer Abidjan-Niger traverse plusieurs localités en Côte d’Ivoire dont la ville de Bouaké. Le chemin de fer passe par le centre-ville de Bouaké et traverse de l’ouest à l’est respectivement le quartier d’Assoumankro (Zone industrielle) à l’entrée et le quartier Socopao (Air France) à la sortie. Le long du chemin de fer, au-delà de la distance de sécurité de 10 m en moyenne, sur un rayon de 500 à 1000 m, se pratiquent les cultures vivrières dans quatre basfonds essentiels en occurrences, dans les quartiers d’Assoumankro, de Municipal, de Koko et de Socopao. L’article se propose de mettre en lumière les vivriers marchands produits dans les différents basfonds le long du chemin de fer dans la ville de Bouaké (1770 km 2 ) afin d’alimenter une population estimée à 832731 habitants (RGPH, 2021) dans les marchés de proximité de la ville. La recherche s’est effectuée durant le mois de mars 2025; d’une part sur l’itinéraire du chemin de fer dans la ville de Bouaké et d’autre part dans la cité RAN et à la direction de sitarail de Bouaké. Le couple recherche bibliographique et enquêtes de terrain auprès de 45 cultivateurs exerçant dans les basfonds, de 25 habitants de la cité RAN et de 7 responsables de la société Sitarail grâce aux méthodes de suivi d’itinéraire, de boule de neige et d’interviews a permis de montrer qu’une variété de vivriers marchands est produite dans les basfonds autour du chemin de fer dans la ville de Bouaké. Les conclusions de cette recherche indiquent qu’une nouvelle pratique de production de cultures vivrières est née en milieu urbain où il existe de nombreux basfonds et endroits encore inhabitables.
| 7 | Auteur(s): Pierre Eloi ESSENGUE NKODO, Samuel FAMNA DJESIRI. N° de Page : 84-95 |
Agriculture urbaine et souveraineté alimentaire dans une métropole périphérique en gestation, cas de Bertoua au Cameroun
Résumé
La famine et la pauvreté sont encore la principale préoccupation des pays d’Afrique, même si des efforts sont faits dans le sens de l'amélioration. Le Cameroun, soumis aux Plans d’Ajustement Structurels (PAS) à répétition depuis la fin des années 1980, est contraint à la réduction des subventions dans l’agriculture, en particulier la production vivrière. Confronté dès lors à l’insuffisance de la production alimentaire, le pays a perdu sa souveraineté alimentaire, avec comme conséquences, les pénuries et la dépendance vis-à-vis des denrées importées que le pays est en mesure de produire. La situation est aggravée dans les villes par la récente crise sanitaire liée au covid 19 et la guerre russo-ukrainienne, rendant difficiles les importations du blé, principal ingrédient à la fabrication du pain, devenu un aliment de base des citadins camerounais au pouvoir d’achat extrêmement faible. À cela il faut ajouter les difficultés d’approvisionnement des villes à partir des campagnes, à cause d’un réseau routier dégradé ou insuffisant dans l’ensemble. Pourtant, du fait de la forte croissance urbaine liée en grande partie aux migrations internes et externes, la demande n’a cessé d’y exploser. Le problème que pose donc cette étude est de savoir, comment la ville de Bertoua, une métropole en pleine expansion, arrive à suppléer ou à réduire sa dépendance en denrées agricoles importées de l’étranger et des campagnes, par des approvisionnements intra et péri-urbains? La méthodologie met en exergue la « théorie de la souveraineté alimentaire » pour l’étayer. Elle exploite l’enquête par questionnaire auprès des cultivateurs et l’entretien avec les personnalités ressources. Le traitement de ces données aboutit à la réalisation d’un système d’information géographique (SIG). La méthode d’analyse s’appuie sur la statistique descriptive. Les principaux résultats montrent une exploitation intensive des espaces non bâtis, en particulier les bas-fonds marécageux, avec un usage poussé des intrants chimiques. La production, rentrant dans les habitudes alimentaires locales et territorialement en adéquation avec la logique de l’autonomisation d’avec les importations de l’étranger et des campagnes, reste toutefois déficitaire et pas inscrite dans la durabilité. Des contraintes à cette autonomisation sont en particulier, l’atteinte à l’environnement avec l’usage poussé des intrants chimiques, le défaut de soutien financier des cultivateurs et l’accès limité au foncier agricole urbain. En perspective, la politique d’import-substitution, avec pour objectif le retour à la souveraineté alimentaire, prônée actuellement par les pouvoirs publics, mériterait de soutenir les petits exploitants intra et périurbains
| 8 | Auteur(s): KANGA Kouassi Innocent, BOLOU Gbitry Abel, DINDJI Médé Roger. N° de Page : 97-197 |
Les femmes et la production maraîchère intra urbaine à Daloa (Centre-Ouest de la Côte d’Ivoire)
Résumé
La culture des produits maraîchers en milieu urbain est essentielle dans l’approvisionnement des villes en légumes et fruits frais. A Daloa ; ville du centre-ouest de la Côte d’Ivoire, l’espace urbain est marqué par la présence de plusieurs bas-fonds en zones intra et périurbaines. Lesquels servent de sites de production de cultures maraichères pour une certaine frange de la population. Ainsi, ces cultures urbaines représentent une réponse réelle face à la forte demande de la ville en produits maraîchers. L’objectif de cette étude est d’analyser l’intervention des femmes dans la culture maraichère à Daloa et son impact sur leur environnement socio existentiel. Pour ce faire, la démarche méthodologique s’appuie sur une documentation, des observations et des enquêtes de terrain réalisées auprès des productrices du maraîcher à Daloa de novembre 2024 à février 2025. L’étude révèle que 70 % des maraîchers urbains sont des femmes dont l’âge varie de 15 à plus de 60 ans et qui vivent essentiellement du maraîchage. Néanmoins, cette activité très importante dans l’alimentation de la population locale est menacée par une dynamique urbaine réductrice de terres culturales dans la ville.
| 9 | Auteur(s): TAPE Bidi Lehou Franck Cyril, EFFO Kra Gabin. N° de Page : 109-120 |
Dynamique de la culture hors-sol dans la zone urbaine et périurbaine du district autonome d’Abidjan
Résumé
Dans un contexte de croissance démographique rapide, de forte urbanisation et de l’insuffisance de terre cultivable, l’agriculture urbaine telle que la culture hors-sol, permet de rapprocher la production alimentaire des zones urbaines. La culture hors-sol permet de cultiver des plantes sur un substrat inerte, alimenté par une solution qui apporte les sels minéraux et les nutriments nécessaires à la croissance des plantes. Cette culture est de plus en plus répandue dans le district d’Abidjan. Exercée dans ces zones, elle connait aujourd’hui un essor remarquable depuis son introduction dans le système de production agricole. Alors, comment la culture hors-sol se développe-t-elle dans le District d’Abidjan ? Cette étude vise à analyser l’essor de la culture hors-sol dans le district autonome d’Abidjan. Pour atteindre cet objectif, les données ont été collectées par le biais de la recherche documentaire, de l’observation directe, d'entretiens avec les structures et d'un questionnaire destiné aux agriculteurs. Dans ce cadre, les sites de culture hors sol du district d'Abidjan ont été visités et tous les agriculteurs hors sol ont été interrogés. Les résultats de ces investigations montrent que les acteurs intervenant dans la culture hors sol sont répartis sur l’ensemble du district, notamment les entreprises privées (Cocosol, Agrifer, Callivoire, Serland), les acteurs publics (l’école agricole Era-Sud INFPA) les associations et les particuliers (homme et femme). Le type de culture hors-sol pratiqué principalement par les acteurs est la culture en substrats (Black Coco, Medium et fine, tourbe de coco, sable de mer, perlite, etc.) sur support en sachet, en seau, bidons de récupération, tuyaux pvc, etc. La culture hors sol est souvent pratiquée sous serre en fer galva ou en bois, sous abris et en plein air. Les produits issus de cette culture hors-sol sont les légumes feuilles (salades, épinards, etc.), la tomate, le poivron, le concombre, les laitues et les herbes aromatiques. De plus, la vente directe est le circuit de commercialisation le plus privilégié par les acteurs à travers une contractualisation qui leur permet une fidélisation. Ces produits sont beaucoup destinés aux grandes surfaces et sont vendus en ligne à travers les plateformes de ventes des produits agricoles. La culture hors sol a permis aux acteurs d’optimiser l’utilisation des espaces, d’obtenir des rendements plus élevés, de réduire l’utilisation de l’eau et de l’engrais, de produire des cultures de qualité et saines, et d’avoir des opportunités économiques.
| 10 | Auteur(s): Koffi N’srèké Edouard ADJOUMANI. N° de Page : 122-129 |
L’agriculture urbaine face à la souveraineté alimentaire : quelles politiques pour une alimentation durable en Côte d’Ivoire ?
Résumé
Dans un contexte d’urbanisation accélérée et de dépendance structurelle aux importations alimentaires, la Côte d’Ivoire s’interroge sur sa capacité à assurer durablement la souveraineté alimentaire de ses populations urbaines. Dans cette perspective, l’agriculture urbaine apparaît comme une alternative stratégique, bien que confrontée à des contraintes foncières, institutionnelles et économiques. Cet article vise à analyser la contribution potentielle de l’agriculture urbaine à la souveraineté alimentaire en Côte d’Ivoire, tout en identifiant les stratégies politiques nécessaires pour instaurer un système alimentaire urbain durable. Pour répondre à cet objectif, la démarche méthodologique adoptée repose sur une analyse qualitative et conceptuelle, mobilisant à la fois des travaux théoriques sur la souveraineté alimentaire, des recherches empiriques relatives aux pratiques agricoles urbaines en Afrique de l’Ouest, ainsi que l’examen critique de politiques publiques nationales et internationales en matière d’alimentation durable. L’étude met en lumière les tensions profondes entre l’idéal de souveraineté alimentaire fondé sur l’autonomie alimentaire, la justice sociale et la participation citoyenne et les contraintes propres aux espaces urbains, notamment la rareté du foncier, la faiblesse des infrastructures, la prégnance des filières agroindustrielles, etc. Toutefois, les résultats montrent que l’agriculture urbaine peut devenir un levier viable à condition d’être soutenue par des stratégies étatiques cohérentes : sécurisation foncière, promotion de l’agroécologie, développement de circuits courts, renforcement institutionnel, participation communautaire et recours aux nouvelles technologies du jardinage. Ainsi, l’étude conclut que la conciliation entre agriculture urbaine et souveraineté alimentaire est possible si elle s’inscrit dans une vision politique intégrant les impératifs de durabilité, de résilience.
| 11 | Auteur(s): OUATTARA Zana Souleymane, ADAYE Akoua Assunta , KOUAKOU Kouame Abdoulaye . N° de Page : 131-142 |
L’agriculture urbaine, facteur d’insertion socioprofessionnelle dans la ville de Bouaké (Centre de la Côte d’Ivoire)
Résumé
L’agriculture est un élément marquant du paysage urbain ivoirien. Alors que les taux d’urbanisation dépassent partout les 50% dans les grandes villes, elle s’est paradoxalement intensifiée. Autrefois, une activité de crise, elle est devenue progressivement une opportunité d’insertion sociale et professionnelle dans les villes. Cette étude vise à analyser la contribution de l’agriculture urbaine à l’insertion socioprofessionnelle dans la ville de Bouaké. La méthodologie est basée essentiellement sur une fouille documentaire et une enquête de terrain autour des entretiens et des questionnaires sur la multifonctionnalité de l’agriculture urbaine. Il ressort du traitement des données que l’agriculture pratiquée dans la ville de Bouaké constitue un facteur d’insertion socio-professionnelle. En effet, 50% des agriculteurs de la ville sont des ex-combattants de la crise politico-militaire de 2002 qui ont été démobilisés. Ceux-ci ont trouvé refuge dans l’agriculture urbaine. Elle permet également d’augmenter les revenus des ménages pauvres par la vente des produits agricoles urbains participant ainsi à leur sécurité alimentaire en rendant accessible une importante source de nourriture. La production vivrière à Bouaké se présente donc comme une source d’emploi permanente ou temporaire pour la population.
| 12 | Auteur(s): KOFFI Simplice Yao. N° de Page : 144-153 |
Maraîchage urbain, insertion professionnelle et autonomisation de la femme à Korhogo, Nord de la Côte d’Ivoire
Résumé
Cette communication explore le rôle du maraîchage urbain dans l'autonomisation des femmes à Korhogo, une ville du Nord de la Côte d'Ivoire. De façon spécifique, elle analyse la contribution du maraîchage urbain à l’insertion professionnelle des femmes, d’une part et d’autre part elle démontre l’implication de cette activité dans l'amélioration de leurs conditions socio-économiques. La méthodologie adoptée s'appuie sur la recherche documentaire et les enquêtes de terrain. Alors que la recherche documentaire s’est fondée sur les productions scientifiques qui existent sur le maraîchage urbain, les enquêtes de terrain ont consisté à recueillir des données qualitatives et quantitatives en se basant respectivement sur des guides d’entretien et un questionnaire. Les quartiers concernés par les enquêtes sont Fodonition avec 30 maraîchères et Mongaha pour 10 maraîchères. Cet échantillon est sélectionné de façon aléatoire. Les résultats montrent que le maraîchage urbain dominé par des femmes non scolarisées (77,5 %), favorise leur insertion socioprofessionnelle. Pour ces femmes, l’accès au foncier se fait suivant trois modes : héritage, location ou prêt. En outre, les résultats de cette étude montrent que le maraîchage est une opportunité économique pour les femmes. En effet, cette activité génère des revenus pour les maraîchères et participe à la sécurité alimentaire des ménages. Toutefois, en dépit de son importance pour les femmes et les ménages, le maraîchage urbain avec l’utilisation incontrôlée des fertilisants et des pesticides constitue un risque sanitaire important pour les femmes. La présente étude suggère donc la formation des maraîchères aux bonnes pratiques agricoles et la mise en place d’un système de production maraîchère durable en vue de minimiser ces risques.
| 13 | Auteur(s): KONAN Kouacou Fabrice, SANHEIN N’guessan Hervé. N° de Page : 155-161 |
Agriculture urbaine et genre, une opportunité d’émancipation des femmes africaines
Résumé
En Afrique, les femmes jouent un rôle central dans la production alimentaire, représentant près de 60 % de la main-d’œuvre agricole selon la FAO. Pourtant, elles restent souvent confrontées à des inégalités persistantes : accès limité à la terre, aux crédits et aux technologies, ainsi qu’une reconnaissance minimale de leur contribution économique. Dans un contexte d’urbanisation accélérée et de crises alimentaires récurrentes, l’agriculture urbaine émerge comme une solution innovante, offrant aux femmes des opportunités inédites d’émancipation économique et sociale. Cependant, l'impact de l'agriculture urbaine sur l'émancipation des femmes africaines reste peu exploré. Les questions à examiner incluent la contribution de l’agriculture urbaine à l’autonomisation des femmes africaines et à l’évolution de leur statut social. De plus, il est crucial de déterminer comment les politiques publiques peuvent soutenir une agriculture urbaine inclusive et sensible au genre ? Pour répondre à ces interrogations, une approche mixte a été adoptée, combinant méthodes qualitatives et quantitatives, s'appuyant sur une documentation variée, incluant des sources officielles et des rapports d'études. Ce travail met en lumière que l'agriculture urbaine représente une opportunité significative pour l'émancipation des femmes, mais qu'il est nécessaire de surmonter les obstacles structurels et socioculturels. Une collaboration entre gouvernement, ONG et communautés locales est essentielle afin de créer un environnement propice à cette autonomisation, faisant de l'agriculture urbaine un levier d’égalité des sexes et le développement durable en Afrique.
| 14 | Auteur(s): Maty BA, Ibrahima SYLLA, Amadou NGAIDE, Moustapha NDIAYE, Serigne Omar DRAME. N° de Page : 163-178 |
L’intelligence artificielle générative au service de l’agriculture urbaine : analyse de l’usage de la plateforme IA-agri par les producteurs de Malika (Dakar, Sénégal)
Résumé
L’agriculture urbaine apparaît comme une réponse stratégique, mais son développement reste limité par le manque d’accès à l’information, la faible planification culturale et la vulnérabilité climatique. L’intelligence artificielle (IA), et notamment l’IA générative, offre de nouvelles perspectives pour renforcer la productivité et la résilience des exploitations, bien que ses usages en agriculture urbaine africaine soient encore peu documentés. Cette recherche analyse la plateforme IA-Agri, afin d’évaluer sa pertinence, son utilité perçue et les conditions de son adoption. S’appuyant sur une approche qualitative et exploratoire, elle mobilise des entretiens semi-directifs, des observations participantes et une analyse fonctionnelle de la plateforme. L’exploitation des données, fondée sur le Technology Acceptance Model (TAM), met en évidence les facteurs favorisant ou limitant l’intégration de l’IA générative dans les pratiques agricoles. Les résultats de l’étude sur l’usage de la plateforme IA-Agri à Malika révèle une agriculture urbaine de petite échelle, concentrée sur le maraîchage, exercée par une population jeune, majoritairement masculine et aux profils éducatifs diversifiés. Les producteurs possèdent majoritairement des smartphones et un accès Internet, mais leur maîtrise des technologies intelligentes reste hétérogène. L’adoption de la plateforme est globalement favorable, motivée par l’efficacité et les bénéfices attendus sur les rendements et la gestion des cultures. Cependant, des freins subsistent liés au manque de formation, à la littératie numérique et aux contraintes économiques, nécessitant un accompagnement ciblé pour optimiser l’usage et l’appropriation.