Le journal des sciences sociales

Les communautés peulhs dans les territoires frontaliers au nord de la Côte d’Ivoire : entre stigmatisation et problèmes d’intégration

Publication Date : 02-06-2025


Auteur(s) :

KONAN Kouamé Hyacinthe.


Volume/Numéro :
Volume 4
,
Issue 29
(06 - 2025)



Résumé :

Venus dans les localités frontalières du Nord de la Côte d’Ivoire dans les années 1950 pour mener des activités pastorales, des communautés peulhs ont fini par s’y sédentariser. Au regard de la recomposition de l’espace engendrée par les nouvelles cultures spéculatives, l’adoption de l’élevage par les communautés autochtones et la pression sur les ressources naturelles comme l’eau et les pâturages, le genre de vie de ces communautés fondées sur le pastoralisme peine à se maintenir. Cette situation est devenue plus complexe dans un contexte de lutte contre le djihadisme où le peulh soupçonné de faire le lit du terrorisme se sent peu protégé par l’Etat. Cette contribution se fixe pour objectif d’expliquer les ressorts de ce mal être peulh dans ces zones frontalières. La méthodologie pour cette étude s’appuie sur une enquête qualitative sous forme de focus group dans les localités frontalières à savoir Sokoro dans la sous-préfecture de Kimbirila-nord ; Kanakono dans le département de Tingrela ; le Nord à travers A Togoniéré, Sokolo dans le département de Kong puis du Nord-est avec Kalamon et Gôgô respectivement dans les départements de Doropo et Téhini. Il ressort de cette étude que le problème de l’intégration des peulhs est lié d’une part à leur difficulté à passer d’un élevage de transhumance à un élevage sédentaire. Cet élevage extensif occasionne de multiples conflits avec les autres catégories socioprofessionnelles constituant la source de leur stigmatisation. D’autre part, le manque de volonté de l’Etat à faciliter leur naturalisation et le harcèlement des forces de l’ordre crée chez eux un repli identitaire. Une situation que peuvent exploiter les recruteurs des réseaux djihadistes.


No. de téléchargement :

0