Le journal des sciences sociales

Extension urbaine et régression de la biodiversité à Bouaké (Centre-Côte d’Ivoire)

Publication Date : 22-12-2025


Auteur(s) :

Konan Norbert KOFFI, Anicet Renaud GNANKOUEN, Setondji Neil Edmerique TAKPA, Kouassi Tidiane BAMBA.


Volume/Numéro :
Volume 4
,
Issue 30
(12 - 2025)



Résumé :

La ville de Bouaké subit une croissance urbaine fulgurante car sa superficie urbanisée est passée de 8000 hectares en 2000 à 29250 hectares en 2014 (SDU, Bouaké, 2014). Ainsi, celleci est confrontée à une exploitation intensive et non maitrisée des écosystèmes naturels au profit des aménagements. Il s’ensuit une régression drastique de la biodiversité urbaine à Bouaké. C’est dans ce contexte que s’inscrit cette étude qui vise à comprendre la contribution de l’étalement urbain à la régression de la biodiversité dans la ville de Bouaké. L’approche méthodologique est axée sur la recherche documentaire par la consultation d’ouvrages. Aussi, a-t-elle recours à une enquête de terrain basée sur une observation participante, la réalisation d’entretiens et l’administration de questionnaires à 426 chefs de ménage répartis dans 9 quartiers issus d’un choix raisonné. L’étude a révélé que la biodiversité est caractérisée par une typologie variée, représentée par la persistance de corridors écologiques constitués d’espaces boisés (les forêts classées (la forêt de Kongodékro et celle de Bobo) et les forêts sacrées), des espaces verts (les espaces aménagés à la lisière des axes routiers et des espaces récréatifs) et les cours d’eau structurants (la rivière Aboliba et les lacs Kan et Loka). En outre, cette biodiversité favorise le développement économique et social. La contribution économique est traduite par la prédominance des services d’approvisionnement en eau potable et la pratique marginale de la pêche. Au niveau social, elle assure la préservation du patrimoine culturel (la conservation des rituels dans les forêts sacrées) et la garantie la sécurité sanitaire (l’exploitation des plantes médicinales). Cependant, la biodiversité urbaine connaît une forte régression, du fait de l’étalement urbain. Ces impacts s’illustrent par la diminution des forêts sacrées (de 16 à 9 forêts) et la dégradation des espaces verts, ainsi que la multiplication des aménagements des zones inconstructibles.


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