Agriculture urbaine et souveraineté alimentaire dans une métropole périphérique en gestation, cas de Bertoua au Cameroun
Publication Date : 17-11-2025
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La famine et la pauvreté sont encore la principale préoccupation des pays d’Afrique, même si des efforts sont faits dans le sens de l'amélioration. Le Cameroun, soumis aux Plans d’Ajustement Structurels (PAS) à répétition depuis la fin des années 1980, est contraint à la réduction des subventions dans l’agriculture, en particulier la production vivrière. Confronté dès lors à l’insuffisance de la production alimentaire, le pays a perdu sa souveraineté alimentaire, avec comme conséquences, les pénuries et la dépendance vis-à-vis des denrées importées que le pays est en mesure de produire. La situation est aggravée dans les villes par la récente crise sanitaire liée au covid 19 et la guerre russo-ukrainienne, rendant difficiles les importations du blé, principal ingrédient à la fabrication du pain, devenu un aliment de base des citadins camerounais au pouvoir d’achat extrêmement faible. À cela il faut ajouter les difficultés d’approvisionnement des villes à partir des campagnes, à cause d’un réseau routier dégradé ou insuffisant dans l’ensemble. Pourtant, du fait de la forte croissance urbaine liée en grande partie aux migrations internes et externes, la demande n’a cessé d’y exploser. Le problème que pose donc cette étude est de savoir, comment la ville de Bertoua, une métropole en pleine expansion, arrive à suppléer ou à réduire sa dépendance en denrées agricoles importées de l’étranger et des campagnes, par des approvisionnements intra et péri-urbains? La méthodologie met en exergue la « théorie de la souveraineté alimentaire » pour l’étayer. Elle exploite l’enquête par questionnaire auprès des cultivateurs et l’entretien avec les personnalités ressources. Le traitement de ces données aboutit à la réalisation d’un système d’information géographique (SIG). La méthode d’analyse s’appuie sur la statistique descriptive. Les principaux résultats montrent une exploitation intensive des espaces non bâtis, en particulier les bas-fonds marécageux, avec un usage poussé des intrants chimiques. La production, rentrant dans les habitudes alimentaires locales et territorialement en adéquation avec la logique de l’autonomisation d’avec les importations de l’étranger et des campagnes, reste toutefois déficitaire et pas inscrite dans la durabilité. Des contraintes à cette autonomisation sont en particulier, l’atteinte à l’environnement avec l’usage poussé des intrants chimiques, le défaut de soutien financier des cultivateurs et l’accès limité au foncier agricole urbain. En perspective, la politique d’import-substitution, avec pour objectif le retour à la souveraineté alimentaire, prônée actuellement par les pouvoirs publics, mériterait de soutenir les petits exploitants intra et périurbains
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