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Le journal des sciences sociales

Dynamiques de surveillance et de restauration environnementale en zone minière : une analyse multi- acteurs des impacts et des stratégies de résilience dans le département de Tivaouane

Publication Date : 08-06-2026


Auteur(s) :

Henri Marcel SECK, Ibra FAYE, Roger COLY, Ibrahima DIALLO.


Volume/Numéro :
Volume 5
,
Issue 31
(06 - 2026)



Résumé :

L’exploitation minière dans le département de Tivaouane (Sénégal) qu’il s’agisse des sables titanifères par la GCO ou des phosphates par les ICS, la SSPT et la SEPHOS génère une contradiction majeure entre le développement économique national et la durabilité des territoires, marquée par de profondes mutations paysagères, des risques sanitaires et une spoliation des espaces agropastoraux. Face à cette problématique, cette étude vise à évaluer l’efficacité de la gouvernance environnementale en analysant la surveillance de la qualité de l’air, la conformité de la réhabilitation physique des sites au regard du Code minier de 2016 et la viabilité des dynamiques de résilience locales. Pour ce faire, la démarche scientifique adopte une approche pluridisciplinaire combinant une évaluation métrologique de la qualité de l'air (mesures des particules fines PM10 et du SO2 via des analyseurs à cellule électrochimique et suivi acoustique selon la norme AFNOR NF S31-010) et des enquêtes socio-environnementales (entretiens semi-directifs avec les chefs de village, les autorités et les cadres miniers, complétés par des Focus Groups et des observations directes de terrain). Les résultats mettent en évidence une gouvernance à double vitesse : si la GCO affiche une rigueur métrologique globalement conforme aux standards de l'OMS malgré des dépassements de la norme sénégalaise NS-05-062 (66,1 ug/m3) sur ses zones d'extension, sa stratégie de revégétalisation privilégie des essences exotiques (Eucalyptus) qui créent un paradoxe écologique (acidification, pression hydrique). À l'inverse, les industries du phosphate (ICS, SSPT, SEPHOS) révèlent une faillite structurelle de la restauration physique à Darou Khoudoss, Méouane, Taiba Ndiaye, Chérif Lô et Lam-Lam, où l'abandon de crevasses béantes viole la législation minière, détruit les terres arables et engendre de tragiques noyades. En réponse à ces carences institutionnelles, les initiatives de la société civile (les « bandes vertes » de la Croix-Rouge et le reboisement scolaire de l'association « Garab-gui ») tentent de restaurer l’équilibre écosystémique, mais leur pérennité demeure gravement compromise par des contraintes climatiques, des incohérences biologiques dans le choix des essences (arbres caducs en saison sèche) et un manque aigu de coordination multi-acteurs.


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